« Voici l’avancement du travail des derniers jours.

J’ai eu un problème inattendu avec la terre blanche qui recouvre les inscriptions, avec beaucoup de fissures après séchage.  J’ai dû reprendre une partie du moule.  Je croise les doigts que rien n’a bougé au niveau des inscriptions, surtout le « Institut Marie Immaculée », car les lettres sont très petites et donc adhèrent peu au moule.  J’ai dû recoller les dernières lettres de « immaculée ».

La suite du moulage s’est déroulée sans problème particulier, la chape (moule extérieur) est cuite (dernière photo).  Ce soir ou demain, je déchaperai : c’est l’opération qui consiste à enlever le moule extérieur (dans lequel figurent maintenant, suite à la fonte de la cire – technique de la cire perdue – les inscriptions en négatif, c’est à dire à l’envers et en creux) pour détruire la fausse cloche (le 2e moule qui figure celui de la future cloche et qui va laisser la place au bronze en fusion) et enfin redécouvrir le noyau (le 1er moule, celui de l’intérieur de la future cloche).  L’opération est également délicate et, si elle échoue, je devrai tout recommencer !  Je vous avoue que c’est toujours un moment un peu stressant, une petite erreur de dosage dans les matériaux des moules successifs (terre, sable, argile, …) peut causer de gros dégâts (moules fissurés, voire qui se désagrègent).

J’espère toujours pouvoir effectuer la coulée samedi prochain (vous êtes le bienvenu), mais cela dépendra fortement de la météo : effectivement, la coulée se fait en extérieur (on monte à 1200 °C, ça ne se fait pas dans le four de la cuisine !), et il doit impérativement faire sec : en cas d’humidité, il y a risque d’explosion si contact entre l’eau et le métal en fusion (comme si on mettait de l’eau sur une friteuse pour éteindre un incendie).  En outre, le moule étant en terre cuite à basse température (150 à 200 °C), il risque de redevenir de la boue…

Après la coulée, il faut une nuit de refroidissement et, si la cloche est réussie, je devrai travailler le dimanche pour la polir et l’équiper de son battant (qui sera coulé également samedi si le temps le permet).

Bref, si tout est mis en oeuvre pour que vous puissiez prendre livraison de votre cloche pour le 12, il me reste trop d’inconnues pour vous le garantir.  Je croise les doigts !

Je vous enverrai un mail demain ou mercredi pour vous dire si l’opération de démoulage de ce soir ou de demain soir (selon mon emploi du temps chargé de ce jour) a réussi ou non.  Suspense…

Cordialement,

Thibaut Boudart »